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Système politique

 

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1826 - Esquisses de l'Etat d’Alger
William Shaler, consul général des Etats-Unis à Alger

p.31
La situation de ces gouverneurs [gouverneurs de provinces] est nécessairement précaire, et leur tyrannie comme l’oppression qu’ils font peser sur les provinces soumises à leur autorité, afin de se créer des ressources pour conserver leur place, sont certainement sans exemple dans l’Histoire des autres peuples. Telles est la malheureuse conditions des habitants de ce royaume, que la douceur et l’équité dans un gouvernement de province, seraient regarder comme une tendance à la popularité, popularité que condamne le gouvernement central, et que les coupables, comme le prouve plus d’un exemple, payent de leur fortune et de leur vie.

Toutes les trois années lunaires, les beys sont obligés de venir en personne, rendre compte de leur administration au siège du gouvernement ; leur entrée publique est très magnifique, mais la continuation de leur pouvoir, et leur vie même dépendent du talent qu’ils ont eu, de rassasier l’avarice des membres de la régence. Je sais, de voie sur, que chaque visite des beys d’Oran et de Constantine, ne leur coûte pas moins de trois cent mille dollars ; il faut à cette occasion, acheter la faveur des officiers de la régence, dont le prix est plus ou moins élevé, selon que leur crédit est plus ou moins grand. Cependant il n’entre pas la moindre partie de ces contributions extraordinaire dans les coffres de l’Etat.

Les officiers de la régence d’Alger  ne reçoivent pour leur salaire, que leur paie et leurs rations comme janissaires. Le pacha lui-même se soumet à cette loi, avec une apparence de simplicité primitive. Mais dans leurs rapports avec la société, ces mêmes officiers se reposent sur les privilèges de leurs places et la licence qu’elles donnent pour toutes sortes d’exactions.

L’administration de la justice criminelle n’appartient qu’au pacha et à ses ministres. Le meurtre, le vol simple, le vol par effraction, l’incendie, la trahison, l’adultère sont punis de mort. Quand il s’agit d’un crime politique, un Turc est étranglé, mais en secret ; un naturel [un algérien] est pendu, décapité, mutilé ou précipité d’un mur élevé, garni de grosses pointes en fer qui l’arrêtent dans sa chute et le font périr dans de longs tourments. Mais dans ces occasions le tchaouch, ou bourreau, a quelquefois l’humanité, si on le paye bien, d’étrangler sa victime, avant de la précipiter. Si c’est un juif, on le pend, on le décapite, ou on le brûle vivant.


p.37
Le commerce et l’agriculture sont réduits à l’état le plus déplorable, par suite du système de prohibition qui défend d’exporter toutes espèces de produits indigènes.

p.38
Le principe fondamental du gouvernement algérien est quelque chose de bien singulier, Hors l’établissement des Mameluks en Egypte, je ne crois pas que l’histoire moderne nous en offre un autre exemple. Une petite troupe d’aventuriers étrangers se saisie de l’autorité souveraine, et dans l’établissement qu’elle établit, réserve aux individus dont elle est composé toutes le places auxquelles sont attachés les honneurs, l’argent et la confiance. Jusqu’ici rien d’étonnant, L’histoire est pleine de pareils traits ; mais par le principe de cette institution, les enfants de ces étrangers, leurs propres, nés dans les pays, n’ont droit de prétendre ni aux profits, ni aux honneur de ce gouvernement, Seul un corps d’étrangers, toujours recrutés au dehors, en jouit au détriment des naturels ; voila ce qui est extraordinaire.

Les beys et les gouverneurs des provinces sont responsables des impôts, et rien de ce qui peut être enlever n’échappe aux mains des agents militaires qui le savent. Une oppression aussi insupportable a dépeupler le pays, en forçant les habitants a quitter des pleines fertiles, pour se retirer au sein des montagnes, dans des positions moins accessibles, et sur les limites du désert.
p.48

Telle est cette régence d’Alger au grand renom, l’objet des chants des poètes, mais véritable épouvantail des enfants et des vielles femmes, et féconde en dégradation nationales. Certes, le lecteur s’étonnera qu’a une puissance aussi insignifiante, aussi méprisable, ait été si longtemps abandonné le privilège de gêner le commerce du monde, et d’imposer des rançons qu’on ne pouvait discuter ; il s’étonnera que les grandes puissances maritimes de l’Europe soient allées, au prix de sacrifices immenses d’hommes et d’argent, établir des colonies aux dernières limites du monde, tandis qu’une poigné de misérables pirates conservait, sous leurs yeux, la jouissance paisible de la plus belle portion du monde, et les soumettait à des conditions qui ressemblait beaucoup à l’hommage d’un vassal.

p.53
 Les Algériens, dont le système politique a pour principe la piraterie, s’arrogent insolemment le droit de faire la guerre à tous les états chrétiens qui n’achètent pas leur bienveillance par des traités.

p.75
Un écrivain remarquable de notre époque, lord Sheffield regarde la puissance d’Alger comme un obstacle insurmontable au développement de la prospérité maritime des Etat-Unis



 
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"Alors le Roi dira à ceux de droite: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde." (Mat 25 34)