1527 - De l'Afrique, contenant la description de ce pays
par Léon l'Africain T1
p.51
L’ignorance de ce peuple-ci est fort grande, car il vit sans avoir aucune connaissance des lettres, et moins d’arts ou de vertu ; vous assurant qu’à qu’a bien grande peine ne pourra trouver, entre tant de gens, un seul juge pour faire droit et administrer justice à chacun ; de sorte que s’il y a aucun qui soit contraint par quelque débat, ou auquel on ai fait quelque tort ou justice, il lui faudra trouver le juge bien cinq ou si journée de là : la raison est, parce que personne d’entre eux n’applique son esprit aux bonne lettres, n’ayant aucune envie de sortir de leur désert pour étudier ni apprendre ; et mal volontiers veulent venir les juges entre telle canaille, pour ne pouvoir comporter bonnement leur sottise et brutale manière de vivre.
p.68
… jusqu’à ce que plusieurs de leurs royaume furent endoctrinés en la religion chrétienne, et s’entretinrent en icelle jusqu’au temps que la damnable secte mahométane commença à se divulguer, en l’an de l’Hégire 268. A cette heure-là étant venu prêcher en ces parties aucuns disciples de Mahomet, firent tant par paroles déceptives et fausses exhortations, qu’ils attirèrent les cœurs des Africains à leur méchante et satanique loi.
p.73
… , comme il est advenu aux Perses sous le domaine des Arabes, qui ont semblablement laissé anéantir leurs lettres, et furent leur livres tous brûlés par le commandement des mahométans, qui estimaient qu’en leur laissant toujours ces livres, ou étaient contenues les mathématiques, les lois, et foi des idoles, entre leur mains, qu’ils ne sauraient être bons ni affectionnés disciples de Mahomet ; et leur livres furent brûler, les sciences leur furent défendues.
p.109
Les Numides [kabyles] sont fort éloignés de la connaissance des choses, et ignorants de la façon et mode de vie du vivre naturel, traîtres, homicides et larrons sans mesure ; ils sont de vile nature, au moyens de quoi ils ne sauraient employé sinon à choses viles, comme à être cure retrais, à cuisiner, souillarder, et le plus souvent à être valet d’étable ; tant y, que pour argent on leur mettre la main à tout labeur, tant vil soit-il. Ceux de Libye [berbères] sont ruraux, ignorant, larrons, voleurs, brigands, et hors de toute connaissance des lettres, ne diffèrent en rien leur manière de vivre à celle des animaux sauvages. Ils vivent aussi sans règles ni statuts, et ont toujours mené une très misérable vie ; ne se trouvant si grande et énorme trahison qu’ils ne machinent et commettent pour en recevoir récompense ; et n’est animal qui soit mieux ramé, ni qui porte plus longues cornes que fait cette canaille, qui emploi tout le temps à chasser, faire mal, et guerroyer les uns contre les autres, ou mener paître les bêtes au désert, tout nus, et déchaux.
1826 - Esquisses de l'Etat d’Alger
William Shaler, consul général des Etats-Unis à Alger, 1826
p.77
Il est inutile de parler de l’état des sciences à Alger ; ou elles n’existent pas, ou elles sont méprisées, la médecine même y est sans prix. Leur science est toute dans des charmes ou des amulettes. Quelques-uns de leurs kaid, de leurs reïs ou capitaines de vaisseaux ont appris des étrangers à déterminer la latitude, et ils ont traduit en arabe les tables qui servent à cette opération ; mais quand ils passent le détroit pour aller croiser dans l’Océan, ils ont l’habitude de prendre sur le premier vaisseau chrétien qu’ils rencontrent quelques marins en étant de les conduire, jusqu'à ce qu’ils rentent dans la Méditerranée. Le coran est toute leur littérature.
1833 - -Voyage dans la régence d’Alger ou description du pays occupé par l’Armée d’Afrique
M. Rozer
p.165
Dans l’été les Bédouins couchent sous la tente ou à l’entour, et les bestiaux restent dehors ; mais dans l’hivers, on met le bétail à couvert, et les famille qui ne possèdent qu’une tente, se couchent avec leurs vaches, leurs moutons, etc., qui leur tiennent chaud pendant la nuit.
p.306
J’ai vu des arabes dont les membres étaient tellement couverts de dartres, qu’on ne pouvait plus distinguer la peau sur aucun point ; j’ai vu d’autres qui montaient à cheval et vaquaient à leur travaux ordinaires avec des ulcères aux jambes, dont plusieurs s’étaient ouverts et jetaient de la matière, qui coulait sur la couche de crasse dont elles étaient couvertes.