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Rapport du Colonel Mignotte

 

selon un article publié sur le site PiedsNoirs-aujourdhui.com

Extraits du rapport du Colonel Mignotte

« 1) Les restrictions alimentaires, aussi bien pour la majorité des indigènes que pour les Européens, étaient bien inférieures à celles que supportaient les Français de métropole. Et si, à Khenchela, M'sila et Biskra une certaine disette régnait dans les bleds environnants, ce n'est pas là que les émeutes ont éclaté. Mais bien dans les zones les plus riches. L'origine du soulèvement est essentiellement politique, mais c'est fortuitement qu'il s'est déclenché à Sétif et c'est ce qui explique qu'il n'a pas été général.

Depuis la débâcle de 1940 et l'intervention des Américains en Afrique du Nord, la France avait perdu beaucoup de son prestige. La population musulmane accueillait plus favorablement l'idée de décolonisation que lui soufflaient des agitateurs politiques. La situation s'était aggravée par l'éclipsé de Pétain qui avait redonné une certaine confiance à la masse indigène.

2) // est faux que des prisonniers allemands et italiens aient été armés pour être employés contre les émeutiers. Au contraire, des mesures ont été prises pour éviter tous contacts entre prisonniers et indigènes. ?

3) Les effectifs de la Division de Constantine étaient de 26.294 dont 11.239 en opérations de rétablissement de l'ordre. A ces « opérationnels » se sont ajoutés des contingents divers venus des Divisions d'Alger et d'Oran. Ce qui a porté à 15.204 le total des troupes en opérations. On n'aurait eu que faire de quelques centaines de prisonniers s'ils avaient été utilisables.

4) Ce qui semble justifier le terme de « répression terrible », ce sont les tirs du Duguay-Trouin et les mitraillades de l'aviation. Ceci cité sans commentaires.

La vérité, c'est que les indigènes respectant toujours la force, il fallait montrer que, militairement, nous avions des moyens. Le Duguay-Trouin n'a pas cherché à faire systématiquement des tirs de destruction, mais, selon les directives données, il a fait une démonstration sur une zone proche des douars qui, travaillés par des meneurs, envisageaient de rejoindre « El Djihad» (la guerre sainte), et ce fut tout.

D'ailleurs, les points névralgiques étant Sétif, à l'ouest, et Guelma, à l'est, on imagine mal un croiseur remontant le Rhummel ou la Seybouse pour aller bombarder les émeutiers à 100 kms à l'intérieur.

Quant à l'aviation, il est exact quelle a eu pour mission défaire de l'intimidation, d'abord et surtout, en rase-mottes sur les douars et les quartiers indigènes et, éventuellement, de mitrailler à haute altitude sur les rassemblements suspects. De tels tirs sont peu dangereux mais ont un effet très efficace sur des indigènes non aguerris.

5) Les chiffres des pertes subies de part et d'autre sont suffisamment éloquents pour démontrer que c'est bien au moindre mal qu'un soulèvement de cette importance a été maîtrisé et des relations correctes rétablies en une vingtaine de jours avec la grande majorité de la population indigène.
Civils européens : 96 tués répartis en 17 points des zones dissidentes, particulièrement à Sétif (27), à Guelma (16) et à Kerrata (12) et 50 blessés dont 45 à Sétif. Militaires : 6 morts assassinés, 3 tués en opérations, 11 blessés.
Du côté indigène : il y a eu 1.104 morts qui ont été recensés, à la suite d'opérations militaires contre des émeutiers surpris en train d'attaquer, de violer et de piller. Il faut reconnaître que la rapidité des interventions, grâce aux blindés, a permis d'éviter des massacres, tels à La Fayette où les femmes et les enfants réfugiés dans un bâtiment,puis encerclés, allaient être brûlés vifs. Ce sont des interventions de ce genre qui ont causé aux émeutiers les pertes lesplus sensibles.

Mais, même si l'on ajoute les tués du fait de l'illégale et contestable « milice civile » dont l'action, fort heureusement, a été limitée dans le temps et qu'on tienne compte des exécutions à la suite des jugements du Conseil de Guerre, on approche peut-être des 1.500 tués, mais on reste loin des 30.000 ou 40.000 proposés par des journalistes américains en quête de sensationnel. Quelle aubaine pour ceux dont une telle légende servait la politique !

Ce qui, au cours du deuxième semestre 1945, donnait quelque crédit à une telle propagande, c'était l'absence, dans les douars, de quelques milliers d'indigènes qui, se sentant suspects, s'étaient enfuis en Tunisie ou dans le Sud. Mais quand, très rapidement, une amnistie générale fut proclamée, ils revinrent en masse. Et ils affirmaient d'autant plus leur repentir et leur fidélité qu'ils avaient été davantage compromis ! ».



 
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