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Conquête d'Alger 1830

 

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Territoires français en Afrique

Plusieurs chartres et diplômes de la première moitié du quinzième siècle parlent des possessions du roi de France en Mauritanie. Mais  partir de 1450, on peut suivre sans interruptions l?histoire de ces possessions. A l?époque, deux marchants de Marseille, Thomas Linché et Matin Didier, y conduisirent un assez grand nombre de leur compatriotes. Ils payaient aux arabes certaines redevances pour se concilier leur amitié ; cependant ces espèces d?étrennes en usage dans le pays où tout se fait au moyen de présents prennent facilement un caractère périodique, n?impliquaient point, de la part du gouvernement français, l?abdication du droit de souveraineté sur ces possessions. On en trouve la preuve dans deux faits dignes de remarques : le roi de France nommait les chefs de plusieurs tribus, d?accord avec les gouvernements de Bougie, d?Alger et de Constantine, usage qui s?est perpétué jusqu?au dix-neuvième siècle, et notre gouvernement fit élever des ports sur le littoral, pour assurer la conservation de ces possessions et protéger les sujets français qui venaient commercer dans le pays ou s?y livrer à la pèche du corail.
Les Turcs trouvèrent les français ainsi établis sur la côte d?Afrique quand ils y parurent eux même. En 1518, le sultan Sélim Ier ayant conquis la Syrie et l?Egypte et répandu l?épouvante su tout le littoral de la Méditerranée, les consuls français au Caire et à Alexandrie demandèrent à ce prince la reconnaissance des propriétés françaises sur a côte de Barbarie ; Sélim les reconnut par un acte dans lequel il les déclarait très anciennes.
Plus tard, Barberousse, après avoir fait a conquête de Constantine, s?empara du Bastion de France, centre militaire de ses établissements de pèche et de commerce et emmena comme prisonniers de guerre les Français qui y résidaient ; mais, peu de temps après, ils furent relâchés par ordre du sultan Soliman et remis en possession du Bastion de France, des forts qui en dépendaient et de la pêche du corail.
En 1635, il y avait au Bastion de France huit cent hommes de garnison, au fort la Calle trois cent, au Cap roux cent cinquante.
Cependant il y avait au milieu de ces intérêts un peu mêlés, quelque chose de distinct ; la portion de côte qui s?étendait depuis la frontière de Tunis jusqu?à la rivière de Seybouse était particulièrement celle sur laquelle la France prétendait à un droit de souveraineté ; la portion de la côte qui s?étendait de la rivière de Seybouse jusqu?à Bougie était celle où notre commerce faisait moyennant une concession payée par une redevance, la pêche au corail.
En mai 1693, M. Dusault, gouverneur du Bastion de France, signait un traité pour cent ans avec le dey de Tripoli.
En 1798 le général Bonaparte entreprit l?expédition d?Egypte, les Algériens à l?instigation de la Porte, nous déclarèrent la guerre. Ils s?emparèrent de notre établissement de la Calle, défendu seulement par une vingtaine de canons et une garnison de deux cents hommes, et le détruisirent ; pendant les années troublées qui avait précédé, on avait laissé tomber en ruine les forts de cap Rose, du Bastion de France et du cap Roux. Ce fut le seul acte d?hostilité que les Algériens commirent contre la France. Par la suite, ce fut l?Alger qui vendit à la France une partie des approvisionnements pour l?expédition d?Egypte.
Le 17 décembre 1801, sous Talleyrand ministre des affaires, fût signé un traité de paix entre la Régence d?Alger et la République française. Ce traité, par ces principales clauses, rétablissait les relations des deux peuples sur l?ancien pied. « Les concessions d?Afrique sont restituées de la même manière et aux mêmes conditions que la France en jouissait avant la rupture. »
Source : Histoire de la conquête d'Alger, Alfred Nettement, 1867, Paris, page 91

Solution égyptienne

Ce fut au mois d?octobre 1829 que l?idée d?accomplir par les mains du pacha d?Égypte l?expédition devenue nécessaire contre Alger fut accueillie par le prince de Polignac, qui la fi t agréer au roi. Méhémet-Ali s?engageait à réduire Alger, ainsi que Tunis et Tripoli, à prendre possession de ces trois Régences, à les gouverner en payant un tribut au sultan, et à y établir une administration régulière et protectrice du commerce de toutes les nations. On représentait, à l?appui de ce projet, que la France aurait avantage à voir grandir dans la Méditerranée l?infl uence de l?Égypte qui, formée par ses exemples et ses hommes depuis le commencement du siècle, était disposée à accepter son impulsion, tandis que Constantinople, peu accessible à notre politique, obéissait tour à tour à l?ascendant de la Russie ou à celui de l?Angleterre. Quoique cette considération ne fût pas sans valeur, elle ne rachetait point le double inconvénient de donner une solution musulmane au lieu d?une solution chrétienne à la question d?Alger, ce qui diminuait singulièrement l?importance et la durée du résultat, et de faire venger par une épée d?emprunt l?injure de la France. Ce ne fut point, comme le baron d?Haussez semble l?indiquer, uniquement par la sagesse du pacha d?Égypte que la combinaison manqua. Il n?avait été d?abord question que de prêter à Méhémet-Ali des vaisseaux français pour transporter ses troupes. Il objecta qu?il ne pourrait se présenter devant des populations musulmanes sous un pavillon chrétien, et demanda qu?on lui donnât les vaisseaux en toute propriété. Le roi repoussa d?une manière absolue cette demande, en disant que jamais des bâtiments qui avaient porté le pavillon français ne porteraient, de son aveu, un autre pavillon. Ce fut alors que l?on songea à une armée d?expédition égyptienne, se dirigeant sur Alger par terre. L?Angleterre, jalouse de voir la puissance égyptienne prendre des accroissements sur la Méditerranée, et son intimité avec nous se resserrer, fi t inutilement des démarches très pressantes auprès du cabinet des Tuileries pour le déterminer à renoncer à cette idée, puis s?adressa directement à Méhémet-Ali et, moitié par conseil, moitié par menaces, elle l?obligera à demander l?agrément de la porte, et plus tard, à renoncer au traité qu?il avait signé avec nous(1). Dans le conseil du 31 janvier 1830, l?expédition directe faite par la France elle-même contre Alger fut résolue, et on laissa à Méhémet-Ali le soin de réduire Tripoli et Tunis. Ce ne fut que dans le mois d?avril suivant que le pacha d?Égypte nous avertit qu?il renonçait à coopérer, même dans cette mesure, à notre entreprise.
Source : Histoire de la conquête d'Alger, Alfred Nettement, 1867, Paris, page 208

Causes de la conquêtes

Déclaration le 10 juillet 1829 du ministre des affaires étrangères à la Chambre :

"Ce n?est pas un fait isolé qui amena la rupture entre la France et la Régence d?Alger. Nos grief remontent jusqu?à l?époque de l?accession au pouvoir dey actuel, Hussein-Pacha, en 1818 ; mais surtout depuis 1824 qu?ils ont acquis plus de gravité. A cette époque contre la teneur expresse des traités, des perquisitions furent exercées dans la maison consulaire d France à Bonne, sous prétexte de contrebande. Des autorisations illicites de séjourner et commercer dans cette ville et sur les côtes de la province de Constantine furent accordées à des négociants anglais et mahométans. Un droit arbitraire de dix pour cent fut établi sur les marchandises introduites dans ces contrées pour le compte des concessions françaises. En 1826, des navires, appartenant à des sujets du Saint-Siège, mais couvert du pavillon blanc et de la protection de la France, furent injustement capturés, et la restitution en fut refusée. Des propriétés françaises, saisies à bord d?un navire espagnol, furent confisquées. Ainsi furent violés les deux principes qui ont servi de base à nos transactions avec la Régence d?Afrique : que le pavillon français couvre la marchandise quelle qu?elle soit, et que la marchandise française est inviolable même sous pavillon ennemi. Des visites arbitraires et des déprédations furent commissent à bord des navires français. La souveraineté de la France sur cette portion de territoire qui se trouve comprise entre la rivière de Seyboue tle cap Roux, et dont elle est possession depuis le quinzième siècle fut méconnue. Une somme de 2 500 000 francs, reste d?une créance déjà remboursée à des juifs algériens, pour des fournitures de grains qu?ils avaient faites dans les premières années de la République, versé dans la Caisse de dépôts et consignation pour y servir de gages aux créanciers français des sieurs Busnach et Bacri, en exécution d?une transaction passée le 28 octobre 1819, entre les commissaires du roi et les fondés de pouvoirs de ces sujets algériens,fut violemment réclamée en termes forts inconvenants, ainsi que le remboursement d?une autre somme de 2 000 000 de francs que le dey d?Alger accusait le consul général d?Alger d?avoir reçue, pour prix de prétendus bons offices qu?il aurait accordés à Bacri, alors privé de liberté et chargé de fers par son maître. Enfin, pendant que le gouvernement se disposer à faire ces réclamations une réponse qui aurait contenu l?énumération de nos griefs et la demande de leur redressements,le 30 avril 1827, lors que le consul général de France venait de se rendre auprès du dey, dans une occasion solennelle, pour le complimenter, suivant l?usage la veille des fêtes musulmanes, une insulte grossière répondit seule à cet hommage accoutumé. Vous savez, messieurs, quelles furent les suites de l?offense, et si vous admettez les conséquences onéreuses des mesures que le gouvernement du roi se vit forcé d?adopter pour obtenir réparation qui lui est due, et pour arrêter le cours toujours croissant de nos privilèges et de nos droits, de l?honneur et du pavillon du roi, vous l?absoudrez du reproche de précipitation qui lui a était adressé. Vous ne voudriez pas déserter une cause si française, et réduire l?administration à l?impossibilité de terminer, d?une manière conforme à la dignité de la couronne et du pays, un différent d?une nature si pénible."
Source : Histoire de la conquête d'Alger, Alfred Nettement, 1867, Paris, page 200

 

 

 



 
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"Alors le Roi dira à ceux de droite: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde." (Mat 25 34)