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le 28 January 2006 á 02:15Dépêche suivante

... à Abderahmane sur l'amitié franco-algérienne

par Le Veilleur

Mon cher Abderahmane, en cette fin d'année 2005, des évènements me poussent à te parler d'un sujet qui, au lieu de susciter du plaisir, est cause, des deux côtés de la Méditerranée, de souffrance et d'incompréhension. L'amitié franco-algérienne est une réalité historique, mais hélas, elle est actuellement dans une phase critique, j'ai pu le constater en lisant des commentaires pleins de haine sur un ##data=160/fr/##. Cette amitié, de véritables ennemis du genre humain la tiennent en otage pour servir leurs vilains intérêts politiques.

A juste titre, l'Ecriture Sainte nous dit qu' "Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent" (Ps 85, 11). L'amitié n'est qu'un amour partagé, et, entre la France et l'Algérie, un grand besoin de Vérité est nécessaire pour que triomphent la Justice et la Paix, tant en France et en Algérie, d'une part, qu'entre la France et l'Algérie, de l'autre. Les ennemis du genre humain font l'amalgame entre mémoire historique de la France et problèmes politiques actuels. Prétendant que l'enseignement d'un rôle positif de la colonisation est une provocation humiliante envers certaines personnes qui en sont issue, ils m'obligent donc à lier ces deux problèmes. Et aussi, tu le sais très bien, mon cher Abderahmane, un des premiers arguments des jeunes Algériens pour venir en France est de dire que celle-ci a colonisé leur pays, pendant cent trente-cinq ans. Nous allons rentrer rapidement dans le vif du sujet en parlant de cet argument, et je t'avoue de suite qu'un froid glace mon esprit chaque fois que je l'entends. Car l'immigration algérienne en France à commencé au XIXe et même officiellment le 18 juin 1874 par l'instauration d'un permis de voyage pour les Algériens non citoyens. Nous en serions donc à cent trente-et-un ans d'immigration algérienne : cela voudrait-il dire que, dans quatre ans, celle-ci devrait cesser... ?

 Au sujet des sentiments liant les peuples algériens et français, nous devons les étudier en plusieurs phases : avant l'arrivée des Français en Algérie, la conquête d'Alger, l'immigration massive de Français en Algérie, le rejet de certains algériens à la présence de Français sur leur terre avec le départ de ceux-ci, enfin l'immigration massive d'Algérien en France et le rejet de certains Français à la présence d'Algériens en France. Avant l'arrivée des Français en Algérie, les sentiments entre nos deux peuples étaient fait d'un coté de la peur de l'ensemble des européens envers les Algériens, et de l'autre de sentiments de mépris des Algériens envers les chrétiens. En connaissant l'histoire et en regardant la liste des ##data=186/fr/## qui commence à partir du XVe siècle, tu ne pourras qu'être étonné de voir que les européens étaient allés s'installer en Indes, en Amériques, en Afrique et même en Océanie, ils semblaient ignorer, dans tous les sens du terme l'Afrique du Nord. Cette région si proche de leurs terres, leur était bien plus inconnue que ne l'étaient l'Inde la Chine ou même la Turquie.

Dans les relations franco-algériennes d'avant la conquête, j'ai découvert avec étonnement en faisant des recherches pour écrire cette lettre, que la présence française sur les côtes algériennes datait de plus de trois siècles. Lorsqu?ils arrivèrent en Algérie, les Turcs trouvèrent les Français établis sur la côte d?Afrique. La portion de côte qui s?étendait depuis la frontière de Tunis jusqu?à la rivière de Seybouse, à Annaba, c'est à dire sur 80 km, était plus particulièrement celle sur laquelle la France prétendait à un droit de souveraineté. La portion de côte qui s?étendait de la rivière de Seybouse jusqu?à Bougie, c'est à dire sur 500 km était celle où notre commerce faisait moyennant une concession payée par une redevance, la pêche du corail. En 1518, les consuls français au Caire et à Alexandrie demandèrent au sultan Sélim 1er la reconnaissance des propriétés françaises sur la côte de Barbarie ; il les reconnut par un acte dans lequel il les déclarait très anciennes. Plus tard, Barberousse, après avoir fait la conquête de Constantine, s?empara du Bastion de France, centre militaire de nos établissements de pêche et de commerce, et emmena comme prisonniers de guerre les Français qui y résidaient ; mais, peu de temps après, ils furent relâchés par ordre exprès du sultan Soliman et remis en possession du Bastion de France, des forts qui en dépendaient et de la pêche du corail. En 1631 les tribus berbères voisinent des Etablissements imposèrent deux défaites sanglantes aux Turcs pour que le Bastion de France détruit par ces derniers soit rétabli. En 1635, il y avait au Bastion de France huit cents hommes de garnison, au fort la Calle trois cents, au cap Roux cent cinquante, au cap Rose cent cinquante. Certains chefs des tribus voisine de ces territoires fûrent même nommés par le roi de France jusqu'au XVIIIe siècle

Des gens te diront que l'Algérie n'existait pas avant 1930, ils se trompent, il a bien existé un pays appelé par les nations européennes du nom de Régence d'Alger. Mais c'était un pays terroriste, dont les dirigeants faisaient régner la terreur aussi bien parmi les nations chrétiennes, qu'à l'intérieur même de leur terre, parmi les populations qui y habitaient. Le système politique qui régissait l'Algérie était des plus horrible, ##data=168/fr/## une troupe d'aventuriers étrangers, venu de certaines régions de l'Empire ottoman dirigé l'Algérie en s'arrogeant tous les pouvoirs et richesse de ce pays, ce pouvoir, ils ne voulaient même pas le transmettre à leurs enfants, cette troupe régulièrement, au fils des années se renouvelée par le recrutement extérieur continu que faisaient ces étrangers. L'organisation de l'Etat algérien reposait sur l'intrigue et la violence, l'élection du chef d'Etat, le dey d'Alger, se faisait par les seuls Turcs, chacun ayant la possibilité de se faire élire. Cette élection ne se reposait pas sur le bien de l'Etat et encore moins sur celui du Peuple algérien, l'élu était le plus fort, et qui promettait le plus d'avantages matériels. Elu à vie, en général jusqu'à ce qu'il se fasse assassiné, on a vu en un jour d'élection cinq deys élus à la suite, et dont quatre massacrés avec leurs proches partisans. La vie quotidienne des Algériens de cette époque était faite de discrimination, ##data=167/fr/## la condition des juifs d'Afrique du Nord était sûrement la pire qu'avaient connu alors dans leur histoire, les fils d'Abraham ##data=166/fr/##. Les noirs, esclaves ou descendant d'esclaves, étaient l'objet d'un profond mépris. Les Kabyles, pour défendre leur indépendance devaient délaisser les riches terres agricoles entourant leur territoire pour se réfugier dans leurs montagnes Les Maures, Berbères arabisants, qui constituaient la majorité de la population, n'avaient aucun droits civiques. Les Arabes, en minorité, ne devaient leur indépendance que par la vie nomade de leurs tribus. Les Koulouglis, bien qu'enfants et descendants de Turcs, n'avaient aucun doit à participer au pouvoir de l'Etat. Chaque Turc avait plus de droit sur les indigènes, que le plus grand des tyran ailleurs, il pouvait rentrer dans toutes les maisons, prendre ce qu'il voulait, et même abuser des femmes sans aucun risque ##data=171/fr/##. L'Afrique du Nord si prospère du temps des Romains, était devenu un continuel champs de bataille ou s'affrontaient les différentes tribus qui la composée. De toutes les puissantes tribus dont parlait l'historien Ibn Khaldun au XIVe siècle, il n'en restait plus à l'arrivée des Français. L'insécurité régnait partout, ##data=170/fr/## rare étaient les endroits ou l'on pouvait passer d'un douar à l'autre sans se faire agresser ou même se faire kidnappé et vendu comme esclave dans une ville lointaine. Vois-tu mon cher Abderhamane, cette réalité de l'histoire d'Algérie est bien réelle, lâchement ignoré dans l'enseignement de l'histoire, tant en Algérie qu'en France, elle est décrite par tous les auteurs ayant visité ton pays avant 1830. Mais certains de ces auteurs montrent ce Peuple algérien victime d'un système aveugle d'oppression  aspirait à vivre en paix, de voyager en sécurité et de bénéficie des avancées techniques du monde moderne. Au fond de mon c?ur, je pense qu'en Algérie vivait et vie encore maintenant un peuple martyr.

L'Etat d'Alger ne se contentait pas de terroriser son peuple, son action néfaste dépassée les frontières. Pendant des siècles les peuples européens ont vécu dans la peur des pirates Barbaresques. Ces derniers, non seulement attaquaient les paisibles navires commerçants, mais aussi, allez même à un nomment sur nos terres de Provence pour emmener des malheureux qu'ils réduisaient en esclave, c'est pour cette raison que l'installation de villages sur ces côtes fut très tardive. Cette régence d'Alger n'était pas seulement un danger pour les pays européens, au début du XIXe siècle, lord Sheffield, remarquable auteur de l'époque, regarde la puissance d'Alger comme un obstacle insurmontable au développement de la prospérité maritime des Etats-Unis. En 1815, les Etats-Unis envoie une escadre pour bombarder la Régence, afin d'exiger l'abolition de la redevance payée pour éviter le piratage de ses navires. En 1816, suite à une décision du Congrès de Vienne déclarant la suppression de l'esclavage des chrétiens enlevés par les corsaires Barbaresques, l'Angleterre est envoyé pour exécuter cette décision. Les beys de Tunis et de Tripoli acceptèrent mais pas le dey d'Alger. La Régence bombardée fait sa soumission, mais une fois les anglais partis, les Turcs augmentent au maximum leurs armements défensifs du coté de la mer. En 1818 le congrès d'Aix-la-Chapelle décide d'en finir avec la piraterie, des navires anglais et français sont envoyés pour un blocus, mais rien n'y fait, les Turcs d'Alger continus d'affirmer leur droit de piratage. Et la reculade des Anglais et des Français rend les Turcs d'Alger plus entreprenant dans leurs crimes. En 1827 de très graves raisons ##data=184/fr/## amènent les Français à établir un blocus maritime de la Régence d'Alger. Le but de ce blocus n'était pas de conquérir l'Algérie, mais de réclamer une réparation à une grave insulte faire à la France dans son représentant. Alors que ce coûteux blocus continu, en octobre 1829, le Prince de Polignac, chef du Ministère, travail sur la solution égyptienne, ##data=184/fr/## il propose à Méhmét-Ali, pacha d'Egypte d'aller envahir la Régence, la France lui en donnant les moyens financiers, en armes et de transport, une intervention de l'Angleterre empêcha cette solution. Comme tu le vois mon cher Abderahman, la première volonté de la France ne fut pas de conquérir l'Algérie, cette solution ne fut prise qu'au bout de trois ans.

 Le 15 février 1830, l'expédition était décidée, le 15 mai, la flotte mettait la voile ; le 14 juin 1830, l'armée toucha le sol d'Afrique, et le 5 juillet, après vingt jours de campagne ; le pavillon français flottait sur les murs d'Alger. Pendant ces vingt jours de batailles, les atrocités faites sur les soldats français qui ont eu le malheur de se faire prendre prisonniers furent de règle, ils étaient torturé et égorgés, et leur têtes transportés à Alger. Mais sauf rare exceptions, du fait de soldats ayant découvert les restes de leurs camarades malheureux, les prisonniers Algériens furent traité conformément aux règles d'honneur. Les jours qui suivirent furent tout aussi exemplaires, l'intendant en chef de l'armée, ancien officier d'Empire, qui avait assisté à l'entrée de nos troupes dans de nombreuses villes européennes déclara : «Je le dirai, parce que ma voix a l'autorité d'une longue expérience, jamais, dans aucune de nos campagnes, une ville n'a été occupée avec autant de ménagement. Pas un seul officier, pas un soldat n'a franchi le seuil d'un Maure, d'un Turc ou d'un, Juif, et la ville d'Alger n'a pas même subi la charge d'un logement militaire. » En lisant ce que je viens de t'écrire, mon cher Abderahmane, ta première réaction sera de dire que je fais une description romantique, que je minimise en les taisant les atrocités qu'auraient fait les soldats français.



 
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"Alors le Roi dira à ceux de droite: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde." (Mat 25 34)